Compte rendu - Dictionnaire de la langue du vin - Par Christine Jacquet-Pfau - Dictionnaires, Encyclopédies, Lexicographie - Analyses et comptes rendus
 
 
Accueil
Présentation
Comité scientifique
Comités d'Experts par thèmes
Quelques liens utiles

Dictionnaires par périodes

Dictionnaires par auteurs

Dictionnaires par éditeurs

Dictionnaires par thèmes

Dictionnaires et francophonie

Dictionnaires bilingues français-...

Dictionnaires et informatique

Auteurs de dictionnaires
Dictionnaires
Ouvrages théoriques
Autres ouvrages


COUTIER Martine, Dictionnaire de la langue du vin, Préface de Jean-Claude Pirotte, CNRS Éditions, 2007, 476 p.

Compte rendu par Christine JACQUET-PFAU (Collège de France et LDI-Cergy, Paris)

Dans la tradition lexicographique des dictionnaires des couleurs (Le Bleu, Le Rouge, Le Rose, Le Noir) d’Annie Mollard-Desfour dont nous avons régulièrement signalé avec enthousiasme la publication aux éditions du CNRS dans la revue La Linguistique et le Cahier du CFM, voici le Dictionnaire de la langue du vin ou, plus précisément, celui des termes de la dégustation. Un avertissement préalable : n’y cherchez pas lie de vin, pas plus que moût, marc, mère… Restez dans le plaisir de la dégustation… ou parfois son contraire, car les mauvaises surprises ne sont pas toujours absentes !

L’auteure, Martine Coutier, s’est intéressée à un domaine du lexique un peu particulier. En effet, si les mots pour dire le vin semblent devoir appartenir à un usage bien installé dans notre langue, ils se révèlent souvent absents de nos dictionnaires ou, s’ils sont présents, c’est avec un autre sens. Ce paradoxe conduit l’auteure à cette interrogation pleine d’humour : « Les lexicographes « généraux » seraient-ils donc abstèmes, hydropotes invétérés, ou, pire, œnophobes ? », remarquant que la tradition lexicographique fait la part bien plus belle aux expressions auditives et visuelles qu’à celles du goût et du toucher dans un pays où la tradition du vin est pourtant omniprésente. Peu spécialisée dans le domaine, nous avons observé avec un certain émerveillement combien le lexique ici recensé faisait appel à tous nos sens, délimitant un champ lexical intense et riche empruntant des vocables déjà connus dans bien d’autres domaines. Les gloses métalinguistiques associées aux entrées explicitent fréquemment cette appartenance au registre des perceptions.

La nomenclature de ce dictionnaire original, aux illustrations dont la couleur, comme celle des repères principaux du dictionnaire, est un rouge évocateur, compte 780 entrées, de Abord à Vulgarité. Les mots recensés sont représentatifs de l’usage contemporain, de la seconde moitié du XXe siècle à aujourd’hui. Certains d’entre eux sont marqués comme néologismes (body-buildé, kirsché, maquiller, noiseté, noisetté, parkerisation, rectitude…), ce qui n’exclut pas totalement les mots ou locutions désuets (à faire danser les chèvres), qui trouvent en général leur place dans les « Remarques » ou les « Nota bene ». Le corpus de travail (dont les nombreuses références font l’objet d’une grande partie des références bibliographiques qui n’occupent pas moins de dix-neuf pages) est constitué de dictionnaires, de textes spécialisés, de manuels, d’articles journalistiques et d’ouvrages littéraires.

Conforme à la tradition scientifique de la série, ce dictionnaire linguistique – et non encyclopédique – est composé d’articles rigoureusement structurés, où les informations morphologiques, sémantiques et socioculturelles sont organisées autour des définitions, des exemples, des citations, des références historiques, de l’étymologie et de la morphologie (la notion de famille de mots y est pertinemment présente), des références aux dictionnaires. Le dictionnaire lui-même est considérablement enrichi d’annexes qui sont autant de pistes de travail sur ce précieux corpus : nous ne citerons ici que celle qui a le plus retenu notre attention, la « Table des termes classés selon les registres de perception ».